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Faire voir que la répétition n'épuise pas le dialogue entre l'oeil et ce qu'il voit et tente d'unifier. Car depuis toujours, la relation entre l'un et le multiple reste une énigme.

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Sentiers

Sentiers
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Je scrute longuement les photos. C’est donc ça un sentier, un serpentin qui défie la pesanteur.

-x-

 

Le sentier provenant du fond de la vallée se splitte en deux avant la moraine, l’un sagement en balcon, l’autre montant vers un col invisible sur la crête. Celui-ci m’intéresse. On vient de me conseiller de ne pas y aller seul. Le sentier traverse des caillasses glissantes et, pour franchir une barre rocheuse, il faut passer par un trou. Le col que j’atteins domine un versant escarpé parsemé de roches qui se concentrent en une épaisse moraine dans une vaste cuvette s’étendant jusqu’à un bois de mélèzes. Un autre monde.

-x-

 

Des balises tracent un sentier virtuel. Balises comme des signes référant à autre chose. D’abord à la suivante. Celle-ci parfois se cache, parfois se voit de loin, de haut. Comme si quelqu’un vous guidait. Bande rouge surmontée d’une bande blanche le plus souvent. On rencontre encore des cairns. On en trouvait sans doute déjà à l’âge de l’art pariétal.

Qui pour la première fois eut l’idée d’entasser des pierres pour retrouver son chemin ?

Il m’est arrivé d’en former alors que j’expérimentais seul un massif que je ne connaissais pas. Il ne faut pas se fier à la mémoire lorsqu’on effectue un aller-retour. Revenir sur ses pas, c’est tracer une nouvelle route. Le paysage est autre qu’en montant. Et lors d’un embranchement on peut hésiter. Bienvenu le cairn dans ce cas.

 

-x-

 

Descente raide.

Je me rends compte que l’usage répandu aujourd’hui de deux bâtons pour marcher serait néfaste : il vaut mieux garder une main libre pour agripper un rocher. Une main secourable.

Descente interminable. 1 heures pour 400 m de dénivelée. Beaucoup plus bas, le bois lumineux de mélèzes comme une promesse de bien-être. Le sentier virtuel y retrouvera un corps. Et pour une fois cela se passe comme prévu.

 

-x-

Fuite de l'horizon

Fuite de l'horizon

Retour des fleurs.

Tant de choses s’échangent lorsqu’on s’arrête à côté d’un massif de rhododendrons pour autant qu’on s’efforce de comprendre leur langage.

Ces fleurs parlent du temps, de l’espace, du climat, de la fréquentation des lieux par les botanistes, les touristes, les prédateurs sans scrupule…

Elles se livrent sans réticence à la photo. Et après avoir enchanté les pelouses, les sous-bois de mélèzes, les berges des torrents, voir les coulées des moraines, discrètement elles se replient.

Et le cœur se serre. Un an, il faudra attendre un an avant leur retour !

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Les trois couleurs de Mondrian

Les trois couleurs de Mondrian

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